Expérience de membre du jury des prix Roman et Essai France Télévision

Photo jury Prix France TV

Didier Gueudin, participant à l’atelier « Roman – approfondissement » de La Plume et le Clavier, a eu la chance d’être sélectionné pour faire partie du jury du « Prix France Télévisions ».

Une journée particulière

J’aurais dû me douter de la singularité de cette soirée. Le thème de la grande librairie du 16 janvier 2019 était placé sous le signe de l’étrange et de l’invisible. Muriel Barbery, Eric-Emmanuel Schmitt, Antoine Volodine nous dévoilent des mondes inconnus… François Busnel fait un appel aux téléspectateurs pour faire partie du jury des « Prix Roman et Essai France Télévisions ». Comme si les elfes du roman de Muriel Barbery m’accompagnaient, je me dis : pourquoi pas moi ?

Alors, en cette soirée d’hiver douce et humide, la plume glisse sur le clavier et incarne mes lectures d’adolescence et d’adulte. Sans logique mais avec passion, je passe d’André Gide à Mauvignier, de Proust à Modiano, de Gogol à Charles Juliet et Paul Auster. La littérature est l’ouverture à l’autre et donc à la découverte de soi. Mais je n’oublie pas de mentionner ma participation à l’atelier d’écriture « La plume et le clavier ». J’ai le secret espoir de convaincre.

Je retiens la date de la sélection des membres du jury. Sans en faire une obsession, cette idée m’accompagne jusqu’au verdict.

Et lorsqu’une certaine Katia Martin, collaboratrice de François Busnel, m’envoie un mail pour m’avertir que je suis retenu pour faire partie du jury du prix Essai, je ressens une grande joie et la promesse d’une belle aventure littéraire ! Le premier contact téléphonique est chaleureux, léger et spontané. A partir de cette échange avec Katia, je rentre dans un monde à part, un être privilégié qui n’a qu’une chose à faire : lire et s’imprégner de six essais en un peu moins de trois semaines. Bien entendu j’ai mille autres choses à faire mais cela prime tout.

J’avale les essais en moins d’une semaine. Jaugeant chaque livre, ses qualités littéraires, la conviction et la justesse dans les sujets abordés. C’est sérieux, bien davantage que les réunions du comité de Direction à préparer ! Il faut être prêt pour le 13 mars ! Je décide de rejoindre Paris la veille, de passer la soirée à reprendre les meilleurs moments des six essais.

Et c’est enfin le jour J ! Etre à midi au siège de France Télévisions. Rentrer dans ce vaste hall, guetter l’arrivée de Katia Martin et des autres membres. Je suis le premier je crois ! Nous sommes 15 dans le jury et il n’est pas difficile, en observant les sourires de contentements, de deviner qui en fait partie. Katia, la grande prêtresse arrive, chaleureuse, en proximité littéraire avec chacun d’entre nous. Avez-vous déjà fait votre choix ? Avez-vous affûté vos arguments ? Tout le monde est prêt. Impatient de rencontrer François Busnel, de partager nos coups de cœur et de lui poser mille questions. Le jury respecte la parité huit femmes et sept hommes, toutes générations confondues.

Nous montons au 7 ème et dernier étage de France Télévisions, oui quoi au septième ciel ! L’accueil est parfait, la salle lumineuse, la table dressée. Il ne manque plus que le maître de cérémonie. Nous commençons le débat, les échanges sont animés. Chacun d’entre nous prend la parole, défend son livre préféré, ajoute son grain de sel sur ceux qu’il n’a pas retenu. Je défends l’essai de Delphine Horvilleur « Réflexions sur la question antisémite ». Entre temps François Busnel arrive et salue avec un petit mot de bienvenue pour chacun d’entre nous. Le débat reprend, j’interviens pour défendre l’essai de Cyril Roger Lacan en disant que plus on le lit, plus on l’apprécie. Ma voisine de gauche l’apprécie moins et me répond que je n’aurais dû le lire qu’une fois. François Busnel est rassuré, le jury joue son rôle à plein. Il refait un tour de table pour écouter d’où vient notre passion de la lecture. Je lui glisse le nom mon atelier d’écriture nantais préféré…

Après deux tours de scrutin, nous décernons le prix au très bel essai de Valérie Zénatti « Dans le faisceau des vivants ». Il faut garder le secret jusqu’à la diffusion, le soir même et en direct, de « La Grande Librairie » sur France 5, où tous les membres du jury font partie du public.

Le conte de fée continue. Le soir, peu après vingt heures, nous nous plaçons derrière les invités. Avec un peu de chance la caméra viendra filmer notre frimousse ! François Busnel très décontracté se concentre, les invités arrivent. Eric Orsenna, très à l’aise. Abdel Malik, très chaleureux nous salue. Puis Valérie Zenatti, Orhan Pamuk, Estelle-Sarah Bulle et Ali Zamir. La tradition est qu’avant le direct François Busnel recueille de chacun des invités un poème ou un texte de son choix. Et cela rien que pour nous !

Richard Lornac, l’emblématique musicien de France Télévisions s’installe derrière son piano. Les techniciens et les organisateurs s’affairent sur le plateau, tout est prêt. Cinq quatre trois deux un, c’est parti !

L’émission est captivante. François Busnel est un véritable chef d’orchestre, distribuant la parole et veillant à l’intérêt du téléspectateur. Le discours d’Orhan Pamuk est puissant mais un poil magistral, il le remet sur les rails. Erik Orsenna, un peu cabotin, est plein de justesse, Abd Al Malik généreux.

Et enfin les lauréats des deux prix donnent leur sentiment. Dernier poème musical d’Abd Al Malik accompagné par Lornac. C’était une soirée magique. Clap de fin. Photos et cocktail avec les écrivains. Joie de partager en proximité avec des romanciers accessibles et reconnaissants d’avoir été primés. Valérie Zénatti est enthousiaste et remercie les membres du jury.

Alors encore un dernier verre autour de l’équipe formidable de la Grande Librairie. Envie de dire merci ! Et aussi envie de lire et d’écrire !